Association de Praticiens

de la méthode McKenzie

APMK-clinique du 18 mai 2017

à Poitiers (86) :

 

 

Examen et suivi des cas cliniques:

 

RECUEIL D'INFORMATIONS

 

Mr C à 41 ans, il est ingénieur agroalimentaire et fait environ 500kms de voiture par jour pour son travail et cela 3 à 4 fois par semaine.

 

A l’origine Mr C a consulté pour douleurs lombaires.

Les douleurs cervicales sont apparues mi-mars un matin au réveil et il n'identifie pas de changements particuliers dans sa vie à ce moment-là qui pourraient être à l'origine des douleurs. Il se dit stressé et avec parfois des problèmes intestinaux mais pas plus en particulier ces derniers temps.

Le problème lombaire n’est toujours pas résolu à l’heure actuelle mais les douleurs cervicales sont devenues beaucoup plus invalidantes.

Les douleurs de Mr C sont localisées d’une part au niveau du trapèze gauche et d’autre part au niveau de la partie haute du crâne, s'étendant en demi-cercle jusqu'aux tempes. Ces douleurs sont constantes au crâne et intermittentes au trapèze gauche. Il la cote à 7 à 8/10 au crâne et 5/10 en cervical à gauche.

 

Il a arrêté la course à pied depuis mars bien que cela n'augmente pas particulièrement les douleurs.

Il n'identifie pas particulièrement de mouvement qui augmente ou diminue la douleur. Tous les mouvements le « rappellent à l'ordre » mais pas plus certains que d'autres. C'est parfois pire le soir avec la fatigue mais les douleurs ne le réveillent pas la nuit.

 

Mr C n'a pas d'antécédent de cervicalgies mais il est sujet aux lombalgies à répétitions.

A ce jour, le patient a essayé l'ostéopathie et des infiltrations intramusculaires d'anti-inflammatoire mais tout cela sans effet.

Il a été opéré de l’estomac il y a plus de 15 ans et suit aujourd’hui un traitement pour l’anxiété et son estomac.

Sa santé est qualifiée de bonne.

Mr C est actuellement sous Tramadol et Doliprane, son imagerie montre 2 hernies cervicales en C5-C6 et C6-C7.

 

Ce patient ne présente pas de drapeaux rouges supposant une contre-indication à une prise en charge mécanique.

 

EXAMEN PHYSIQUE

 

L'examinatrice commence par la correction posturale qui améliore légèrement les symptômes, les douleurs trapèze gauche et tête sont diminuées, de manière plus marquée pour le trapèze.

La localisation des symptômes n’impose pas un examen neurologique en 1ère intention, il n’est donc pas réalisé.

 

L'examen des pertes de mouvements donne les résultats suivant :

Pro → perte nulle, douleur tête

Flex → perte nulle, pas de douleur

Ret → perte modérée, pas de douleur

 

Ext, incli G et Dt, Rot G et Dt → perte modérée, douleur crâne et occiput

Test des mouvements répétés

 

Symptômes avant test : 8/10 en occipital, 4 à 5 /10 en cervical gauche

L'examinatrice commence par la rétraction, les symptômes ont l'air d'augmenter dans les tempes pendant le mouvement mais pas d'empirer après, pas de gain d'amplitude.

FEU ORANGE

Elle passe donc aux rétractions + surpressions du patient qui là encore n'ont pas d'effet marqué que ce soit sur la douleur ou les amplitudes.

FEU ORANGE

L’examinatrice procède alors aux rétractions + surpressions du thérapeute, après une série les douleurs diminuent cette fois légèrement (6/10 en occipital, 3/10 en cervical) et les amplitudes en rotation gauche et droite ont légèrement augmenté, de façon plus marquée pour la gauche. FEU VERT

Après une seconde série il n'y a pas plus d'amélioration, l'examinatrice continue d'augmenter les forces avec les mobilisations en rétraction, les douleurs dans le trapèze sont abolies et restent à 6/10 dans la tête, pas d'autres gains d'amplitude. FEU VERT

L'examinatrice continue en se concentrant sur la flexion du rachis cervical supérieur avec des rétractions où le patient vient lui-même exercer la surpression en flexion du rachis cervical supérieur. Ce mouvement abolit les douleurs pendant, après la série la douleur revient dans la tête mais seulement en un point plus central à la base du crâne et les amplitudes augmentent encore de nouveau un peu plus. FEU VERT

Pour potentialiser encore un peu l’effet de l’exercice l'examinatrice teste une variante avec la posture en flexion du rachis cervical supérieur en décubitus dorsal effectuée par le thérapeute, là encore la douleur est abolie pendant et diminuée après. FEU VERT

Classification provisoire :

Dérangement antérieur du rachis cervical supérieur

 

Exercice donné au patient :

L'exercice donné au patient consiste donc en des rétractions + surpression du patient en flexion du rachis cervical supérieur le plus régulièrement possible (toute les 1h30 dans l’idéal).

Enfin de faire adhérer au mieux le patient au traitement l'examinatrice insiste sur le fait que les postures en flexion du RCS ont permis d'abolir momentanément les douleurs alors que le patient disait qu'elles étaient constantes depuis mars, intérêt donc de répéter l'exercice afin d'espérer en potentialiser les effets.

 

Importance également des conseils sur la position assise puisque cela concerne énormément le patient au vu du temps qu'il passe en voiture tout au long de la semaine.

 

RAPPELS, TRUCS ET ASTUCES DE L'EXAMINATRICE

 

Une démarche rigoureuse pour le bilan

 

Pour le bilan de chaque patient, après avoir recueilli les informations il faut « penser LCDF », c'est à dire reprendre la fiche bilan et voir les indices qui nous sont donnés concernant ces 4 points :

-Localisation

-Classification

-Direction

-Force

A la 2ème séance, il s'agira de reprendre ces 4 points dans le sens inverse afin de voir ou nous avons pu nous tromper si l'exercice n'a pas fonctionné comme attendu.

-Ai-je mis la bonne force ?

-Était-ce la bonne direction ?

-Ou ne me suis-je carrément pas trompé de classification ?

 

Dans le cas de du bilan de Mr C :

-Localisation : les symptômes font penser à un problème cervical haut mais les étages moyen et inférieur ne sont pas à exclure. L’asymétrie des symptômes peut aussi impliquer une composante latérale.

-Classification: La constance des symptômes nous guide vers une classification de dérangement ou une catégorie autre. La dysfonction et le syndrome postural sont d’office éliminés.

-Direction : La section « mieux/empiré » ne nous donne pas d’information concernant la direction car rien n’empire vraiment mais rien ne soulage non plus. On pensera tout de même en priorité à la rétraction du fait de l’attitude en protrusion du patient et compte tenu de ses positions assises prolongées.

-Force : Dans le cas présent, le fait que Mr C décrive une douleur constante à 7/8 sur 10 depuis 3 mois, que rien n'aggrave, que rien ne soulage et qu'il va travailler avec ces douleurs, nous dit qu'à priori nous n'avons pas trop peur et que nous pouvons le tester avec une certaine vigueur.

 

A quand les postures ?

 

Généralement le rachis cervical sup répond mieux aux postures et le rachis cervical inf aux mouvements répétés.


 

 

 

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